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800 000 personnes vulnérables en France : qui gère leur patrimoine ?

Le 12/10/2019

Dans un observatoire, Apicil détaille le profil et les attentes des « aidants patrimoniaux » bénévoles et des mandataires professionnels qui gèrent le patrimoine des personnes vulnérables en France.

On compte aujourd’hui environ en France 800 000 personnes placées sous mesure de protection juridique car elles ne sont plus en mesure de défendre leurs intérêts, la plupart d’entre elles à cause du vieillissement.

Apicil a eu l’idée de réaliser un Observatoire du patrimoine des personnes vulnérables avec BVA pour connaître le profil et les attentes des personnes qui gèrent leur patrimoine (1).

2 millions d'aidants familiaux bénévoles

Aujourd’hui, selon Apicil, 4 % des Français, soit environ 2 millions de personnes gèrent les finances et le patrimoine de personnes majeures vulnérables de leur entourage. Parmi ces « aidants patrimoniaux » bénévoles, plus d’un tiers exercent ce rôle sans qu’il leur ait été confié officiellement par un juge.

Concrètement, ces aidants s’occupent quasiment tous de la gestion courante des comptes et des dépenses quotidiennes. Deux tiers déclarent avoir souscrit ou modifié un contrat d’assurance pour leur proche, et plus d’un tiers ont dû gérer une transaction immobilière ou une succession.

Deux tiers de ces aidants patrimoniaux ont déjà rencontré des difficultés, notamment pour gérer une succession (40% d’entre eux), pour suivre la réalisation d’un inventaire du patrimoine (25%) ou fournir le compte-rendu annuel de gestion (24%).12 % déclarent rechercher un référent capable de les conseiller, et 10% de l’aide et du soutien. En moyenne, ces aidants ne s’appuient sur personne pour être conseillés et/ou aidés.

Vous êtes aidant, curateur ou tuteur familial ?

Vous pouvez vous faire aider dans votre mission, par un tiers spécialiste et notamment par un conseil en gestion de patrimoine, dont la rémunération restera à la charge de la personne protégée, tout en étant fiscalement déductible des revenus de cette dernière.

Votre conseiller AVENIR & SERENITE PATRIMOINE assiste les aidants, curateurs et tuteurs familiaux, aussi bien pour la gestion du patrimoine proprement dite que l'assistance aux déclarations d'impôt, et vous apporte toute son expertise quant au placement des liquidités, à l'arbitrage de certains biens pour assurer les ressources nécessaires au placement dans une résidence spécialisée, etc ....

 

(1) Enquête réalisées par téléphone du 1er au 12 mars 2019 auprès de 312 aidants patrimoniaux issus d'un échantillon représentatif de 7 744 Français âgés de plus de 18 ans.

Epargne retraite : que faire en 2019 ?

Le 11/10/2019

Perp, loi Pacte et PER

Avec le lancement du PER au 1er octobre 2019, quelle est la meilleure manière de procéder pour les épargnants ? Détenteurs ou non de PERP, Madelin...

PER : il est urgent d’attendre… l’offre

En premier lieu, la question se pose : faut-il ouvrir un PER dès 2019 ?

Si certains acteurs sont prêts à lancer leur offre sans attendre, l’épargnant, lui, doit prendre son temps. En effet, l’offre des nouveaux plans d’épargne retraite va se développer dans le temps : les meilleurs produits ne seront pas nécessairement les premiers disponibles.

Patienter permettra également aux épargnants de mieux apprivoiser :

  • Les atouts du PER, comme la possibilité de sortie en capital à 100 % à l’échéance et celle de sortie anticipée pour l’achat de la résidence principale ;
  • Et ces faiblesses, comme la taxation du capital au barème de l’impôt au dénouement du plan (1).

Pour prendre les choix les mieux adaptés à sa situation (niveau d’imposition, âge, projets patrimoniaux) et à ses besoins, l’épargnant doit donc commencer par prendre son temps.
 

Les contrats Perp et Madelin restent d’actualité

L’entrée en vigueur du PER ne met pas fin aux contrats Perp et Madelin (réservé aux Travalleurs Non Salariés - TNS). Les plans déjà ouverts peuvent continuer à être alimentés par versements sans limite de temps (2). Les Français qui ne sont pas encore équipés d’un produit dédié à l’épargne retraite ont également la possibilité d’ouvrir un nouveau Perp ou Madelin jusqu’au 1er octobre 2020.
 

  • Je détiens un Perp

Dans cette situation, l’épargnant peut continuer à épargner sur son plan et à bénéficier de la déduction des versements du revenu imposable.

Attention toutefois : les personnes qui ont moins versé sur leur Perp en 2018 qu’en 2017 sont soumis à la formule de calcul anti-abus concoctée par l’administration fiscale. Celle-ci prévoit que la moyenne des versements effectués en 2018 et 2019 sera retenue pour le calcul de la déduction fiscale. Il convient donc de ne pas verser plus en 2019 qu’en 2018, en termes d’optimisation fiscale pure.

Les épargnants qui n’ont pas diminué leurs versements entre 2017 et 2018 bénéficient pour leur part de la déduction « normale » des versements 2019, dans la limite des plafonds légaux.

Optimiser la déduction fiscale grâce à son conjoint

Les détenteurs d’un Perp soumis à la méthode de calcul anti-abus peuvent disposer d’une solution pour optimiser la déduction fiscale des versements. En effet, si leur conjoint n’est pas équipé, il/elle peut ouvrir un nouveau Perp : les versements sur le nouveau plan ne seront pas soumis à la méthode de calcul anti-abus.
 

  • Je détiens un contrat Madelin

Les TNS titulaires d’un contrat Madelin peuvent conserver ce produit s’ils le souhaitent. Ils ne bénéficieront pas des nouveaux avantages du PER, en particulier les facultés de sortie en capital, mais peuvent avoir intérêt à conserver leur « vieux » contrat car :

  • Il peut prévoir un taux garanti intéressant pour leur épargne ;
  • Les tables de mortalité retenues peuvent être avantageuses dans la perspective du versement d’une rente.
     
  • Je ne détiens pas de Perp ou Madelin

Vis-à-vis du PER, ouvrir un Perp ou Madelin en 2019 n’a pas d’incidence particulière. Les épargnants qui explorent cette voie auront la possibilité de transférer leur plan vers un nouveau PER ultérieurement. Aucune date limite n’est fixée pour effectuer un tel transfert.

A noter que les Perp ouverts en 2019 ne sont pas concernés par la méthode de calcul anti-abus du fisc. Ils bénéficient ainsi de la déduction « normale » des versements.

PER : quelles utilités en 2019 ?

  • Maximiser la déduction fiscale pour les détenteurs d’un Perp impacté par l’année blanche

Une fois les premières offres disponibles, les épargnants fortement fiscalisés peuvent s’intéresser de près au PER. Contrairement aux contrats Perp ouverts avant 2019 et moins alimentés en 2018 du fait de « l’année blanche », les PER permettent de déduire intégralement les versements volontaires de l’épargnant, dans la limite des plafonds légaux. Ouvrir un PER d’ici la fin de l’année 2019 peut donc présenter un intérêt fiscal fort pour certains épargnants.
 

  • Optimiser ses versements en vue du versement d’un capital

Si l’épargnant rejette l’idée du versement d’une rente viagère une fois à la retraite, le PER peut s’avérer pertinent. Contrairement aux Perp et Madelin, le PER permet de sortir jusqu’à 100 % en capital à l’échéance.

En outre, il permet une sortie anticipée pour financer l’achat de son logement. Cette faculté peut être réutilisée plusieurs fois durant la phase d’épargne.

Attention toutefois, cette sortie en capital est fiscalisée :

  • Le capital est taxé au barème de l’impôt sur le revenu ;
  • Les plus-values sont taxées au PFU de 30 %.

Compte tenu de cette fiscalité, les détenteurs d’un Perp peuvent avoir intérêt à conserver leur plan afin de bénéficier d’une sortie en capital moins fiscalisée à l’échéance. Cette sortie en capital se fait :

  • A 20 %, les 80 % restants étant versés sous forme de rentes ;
  • A 100 % pour devenir propriétaire (l’épargnant doit ne pas avoir été propriétaire depuis au moins deux ans).

(1) Taxation du capital accumulé via les versements volontaires déductibles. Les versements non déductibles (sur option ou au-delà du plafond annuel de déduction) sont exonérés d’impôt à la sortie.

(2) Les transferts depuis d’autres enveloppes, comme les articles 83, ne seront plus autorisés après le 1er octobre 2020.

L'investissement à long terme : indispensable !

Le 09/10/2019

Le parcours de l’investissement de long terme

  •  

Investir son épargne à long terme sur les marchés boursiers, pour profiter d’un rendement potentiellement supérieur, tel est le message de ce nouvel outil pédagogique créé en partenariat avec l’Autorité des Marchés Financiers.

L’objectif : accroitre votre niveau d’autonomie et votre confiance dans les placements en actions. Votre conseiller AVENIR & SERENITE PATIRMOINE vous aidera à mettre en œuvre une diversification en actions pour répondre au besoin de préparation financière de la retraite.

Mais avant de vous lancer, suivez le guide ! Il est nécessaire de vous poser les bonnes questions sur tous vos projets, sur votre horizon de placement et surtout sur votre rapport au risque.

Cliquez sur les épapes de l'infographie ci-dessous :

Fonds en €uros : la fin d'un modèle

Le 03/10/2019

Garantie du capital, disponibilité à tout moment, rendement ... le fonds en euros a habitué les français à un schéma d'épargne dont ils n'ont pas envie de sortir. Pourtant, le modèle est remis en question par les taux d'intérêt négatifs. Quelle stratégie les compagnies d'assurance vie vont-elles adopter à quelques mois de l'annonce des taux de rendement 2019 ?

Le modèle du fonds en euros est remis en question par les taux d'intérêt négatifs

Le taux d'emprunt de l'État français à 10 ans est passé en territoire négatif à -0,3%. Et, au regard de la récente décision de la BCE (Banque centrale européenne), la situation ne devrait pas s'améliorer avant longtemps. Cette situation pose un problème aux compagnies d'assurance vie qui gèrent les fonds en euros. Avec des taux à 10 ans devenus négatifs, il leur devient de plus en plus difficile de garantir à leurs clients le capital, la disponibilité à tout moment, le tout avec un taux de rendement moyen autour de 1,80% en 2018 (alors que l'OAT à 10 ans se situe en-dessous de 1% en moyenne annuelle depuis 4 ans).

Mais le sujet est sensible car le fonds en euros est très apprécié des épargnants français. Fin 2018, il représentait 80% des l'encours assurance vie, soit plus de 1 300 milliards d'euros et 72% de la collecte. Le fonds en euros, spécialité française qui n'existe nulle par ailleurs dans le monde, a habitué les français à un schéma d'épargne dont ils n'ont pas envie de sortir : il offre les avantages du livret A avec un taux de rendement en moyenne 2,5 fois plus élevé.

Traditionnellement, en début d'année, à l'occasion de l'annonce du rendement annuel de leurs fonds en euros, les compagnies d'assurance vie se livrent à une véritable guerre des taux pour attirer les clients. Mais cette année, les choses pourraient sensiblement changer. 

Cette année, les choses pourraient sensiblement changer

Début septembre, Bernard Delas, vice-président de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) avait mis en garde les assureurs vie : « Il faudra aussi renoncer aux produits en euros offrant à la fois la protection du capital et une liquidité permanente. Les assureurs devront imaginer de nouvelles offres et, étape par étape, habituer leurs clients à prendre une part de risque. »

Côté compagnies, c'est Generali qui s'est lancée la première, avec une interview de son PDG, Jean-Laurent Granier, dans Les Echos : « Le modèle de la sécurité absolue, de la liquidité permanente, de la garantie totale et à tout instant du capital, qui est finalement une réplication du modèle du Livret A, est à bout de souffle. Le monde du fonds euros roi est terminé ! ».

Après cette annonce, d'autres assureurs ont suivi : Allianz, Suravenir puis Crédit Agricole ont également annoncé des mesures.

Mais tous les acteurs du marché ne partagent pas cette vision et se veulent rassurants, à l'image de l'Afer et de Mutavie.

Les mesures prévues par les compagnies d'assurance vie

Generali

La priorité de Generali est de protéger l'épargne accumulée par les assurés sur les fonds en euros. La compagnie déclare vouloir renforcer ses réserves via la provision pour participation aux bénéfices. 

Son PDG annonce une baisse très significative du rendement de ses fonds en euros : « nous ne voulons pas donner l'illusion qu'il serait encore possible de servir un rendement à 1,50% pour un contrat en fonds euros alors que le taux sans risque est négatif », explique Jean-Laurent Granier dans Les Echos. En 2018, Generali avait servi un rendement de 1,75% sur son fonds en euros AGGV et 1,80% sur son fonds en euros Eurossima.

La compagnie fermera dès cette année deux de ses fonds euros (France 2 et Euro Innovalia).

Generali va également contraindre l'accès à ses fonds euros : les nouveaux versements devront comporter une part minimum de 60 % investie en unités de compte. 

Par ailleurs, la compagnie réfléchit à rétablir en 2020 des frais d'entrée sur les fonds euros.

Ensuite, il s'agira de faire la promotion auprès des clients de la diversification et l'euro-croissance (produit à mi-chemin entre les fonds euros et les unités de compte) où le capital n'est que partiellement garanti (80% à 90%) à un horizon donné.

Allianz

De son côté, Allianz va elle aussi contraindre l'accès à son fonds en euros pour les nouveaux versements : à partir du 1er octobre, les versements de plus de 1 million d'euros devront comporter une part minimum de 50% en unités de compte. Ce taux sera porté à 90% pour les versements de plus de 10 millions d'euros.

Allianz indique également réfléchir à des dispositifs comme le bonus de fidélité ou la participation aux bénéfices différée, mécanismes qui permettent de n'attribuer aux clients la performance des contrats qu'au bout de plusieurs années.

Suravenir

Dans le journal Capital, Suravenir annonce que des mesures seront prises pour limiter les nouveaux versements sur ses fonds en euros. "Nous allons durcir les contraintes d'investissement en unités de compte pour accéder à nos fonds en euros", a indiqué Bernard Le Bras, président du directoire de Suravenir, sans préciser la part minimum retenue. 

Suravenir a déjà mis en œuvre ce type de mécanisme sur son fonds en euros Suravenir Rendement : les versements supérieurs à 500 000 euros doivent comporter au minimum 50% d'unités de compte.  

Crédit Agricole

De son côté, le Crédit Agricole annonce, dans le journal Les Echos, une forte baisse du rendement de ses fonds en euros et prévient qu'il faut s'attendre à ce qu'ils rapportent « significativement » moins. 

En revanche, la compagnie ne compte pas contraindre l'accès à ses fonds en euros pour les nouveaux versements et déclare vouloir laisser « le choix aux clients ». Néanmoins, en juillet dernier, l'assureur a augmenté le montant des frais d'entrée.

Certains acteurs du marché se veulent moins alarmistes

« Pour nous, le contexte des taux négatifs est un contexte passager » explique Gérard Beckerman, président de l'Afer (Association française d'épargne et de retraite), à l'AFP. « L'Afer ne partage en aucune mesure les positions de Jean-Laurent Granier, elle renouvelle sa confiance dans les fonds euros » ajoute t'il. « Durant des années, les assureurs ont constitué des réserves substantielles quand ils le pouvaient, à quoi ça sert quand on ne consomme pas ce qu'on a mis de côté ? ».

Un avis que semble partager Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de Good Value for Money : « il y aura une érosion progressive du taux de rendement des fonds en euros, mais il ne faut pas s'attendre à une catastrophe », explique t'il dans Capital. « Les assureurs vie gèrent très bien leurs fonds en euros classiques et disposent de bonnes réserves pour diversifier leurs investissements au sein de ces supports, poursuit-il. Ils ont encore la capacité d'absorber 10 années de taux d'intérêt bas. »

Même son de cloche chez Mutavie. Odile Ezerzer, sa directrice générale explique dans Capital : « nous nous préparons à cette situation de taux bas depuis plusieurs années. Nos réserves de participation aux bénéfices, de près d'un milliard d'euros d'encours, nous permettent d'avoir le temps de réagir. Il n'y a pas d'urgence à agir. Il n'est pas question de faire peur aux épargnants, mais de les accompagner progressivement vers d'autres supports que le fonds en euros » ajoute-t-elle. 
 

 

Prenez soin de vos parents âgés

Le 03/10/2019

L’isolement des aînés est souvent constaté. La dispersion géographique des familles, est de plus en plus fréquente. Leurs enfants sont partis pour de multiples raisons, familiales et professionnelles. Les parents en fin de vie se retrouvent seuls.

La solidarité familiale se délite progressivement, des enfants trop éloignés n’apportent plus, du fait de leur absence, l’assistance aux parents.

***

Dans notre activité, nous en avons quelques-uns de ces vieux clients, oubliés des leurs.

Lorsque j'étais jeune notaire assistant à Paris 7ème, il y a une trentaine d'années, l'un des premiers cas que j'avais eu à connaître était celui d'une vieille dame très riche, totalement négligée par ses neveux et nièces, ses seuls parents, et qui avait décidé de gratifier le garçon de café qui la saluait tous les matins d'un sourire et d'un "alors, Madame M., comment ça va aujourd'hui ?" lorsqu'elle prenait son thé à la brasserie pour éviter de se retrouver seule chez elle. Elle a fait recevoir dans l'étude où je travaillais alors un testament authentique (devant notaire et témoins) pour lui léguer l'intégralité de sa fortune.

Pendant mes 25 ans de carrière notariale, j'ai eu souvent à en connaître des personnes âgées, on dit aujourd'hui des "seniors", totalement délaissées, tellement contentes de discuter avec quelqu'un, que prévue pour un rendez-vous d'une heure, je pouvais en passer 3 ou 4 à les écouter ! C'est très vrai à Paris, plus particulièrement, où j'ai exercé longtemps.

Cela continue depuis que je suis devenue conseil en stratégie patrimoniale : je sors, cet après-midi, d'un rendez-vous avec un client de 82 ans que j'accompagne depuis son veuvage, il y a trois ans. Sa fille unique le laisse se débrouiller tout seul : vente de la maison familiale devenue trop grande, déménagement en résidence senior... elle n'a pas levé le petit doigt pour l'aider mais a su réclamer la part héritée de sa mère sur le prix de vente de la maison...  Les petits-enfants dont sa femme et lui se sont tellement occupés lorsqu'ils étaient petits sont maintenant adultes et "aux abonnés absents". Il est arrière-grand-père et ne voit que très rarement le bambin. Il n'est quasiment jamais invité le dimanche. Personne ne se préoccupe de savoir si tout va bien. C'est toujours lui qui appelle pour prendre des nouvelles.

Après m'être occupée du placement de sa part du prix de vente, je devais préparer la transmission. Je le sentais venir depuis plusieurs mois par les questions qu'il me posait et aujourd'hui il me l'a dit : "Je ne vois pas pourquoi je leur laisserai quelque chose de plus que ce à quoi ils ont droit. Ma fille aura sa part réservataire, mes petits-enfants n'auront rien, je ferai un petit legs à mon arrière-petit-fils que je verrai pas suffisament pour qu'il puisse me décevoir et pour le reste, je vais faire un legs à la ligue de protection des oiseaux. J'aime les oiseaux, je les nourris tous les jours sur mon balcon."

Que dire ? Cela fait des années que je suis confrontée à ces cas mais ils me laissent toujours un grand sentiment d'incompréhension et d'amertume.

Sans vouloir faire de leçon de morale à quiconque, réfléchissez bien à ce que vous devez à vos parents. Même si'ils n'ont pas été parfaits, ils ont sans doute fait du mieux qu'ils pouvaient pour vous élever et vous protéger.

Lorsqu'ils sont âgés et fragilisés, il est temps pour vous d'inverser les rôles.

Et si la piété filiale ne vous anime pas, méditez ceci :

La nature a horreur du vide. Il arrive que cette absence soit compensée par l’attention de ceux qui vivent dans la proximité des seniors. Visites, petits services, courses, repas du week-end, surveillance médicale, et tant d’autres grandes et petites choses sont appréciés de celui ou de celle qui en profite au quotidien

Les voisins, le personnel de maison, parfois un neveu ou nièce resté(e) au pays, prennent progressivement en charge l’accompagnement à domicile indispensable à une résidence « chez soi ».

Autant d’attentions qui réchauffent. Le bénéficiaire apprécie, il remercie. Conscient de l’aide apportée, il récompense, petitement d’abord, de petites choses, de petits riens.

Une complicité affective se crée, elle s’affiche, elle s’exprime, « c’est presque ma fille, presque mon fils », même un peu plus dans la mesure où « eux » ils sont là et que les autres sont loin.

Plus ou moins malicieusement, plus ou moins habilement les présents savent souligner les absences des enfants :  « toujours pas de nouvelles de vos enfants, ils ont (encore) oublié votre anniversaire…, pour Noël ils n’ont pas pu venir, déjà l’an dernier… », autant de petites remarques qui attristent, attisent quelques ressentiments, renforcent ce sentiment de délaissement et justifient une réaction punitive à l’égard des oublieux : « Ils m’oublient, je vais les oublier ».

On devient juge de ses héritiers, de leur négligence, de leur ingratitude.

Alors pourquoi ne pas gratifier « les présents » ? Plaisir de gratifier, renforcé par l’utilité du bien à recevoir exprimée par le futur gratifié. Il souligne la qualité des biens détenus. Il porte de l’intérêt à la fois aux biens possédés et à ceux qui les possèdent  « votre jardin, j’aurai plaisir à l’entretenir, et vos rosiers qui va s’en occuper… ? ».

Aller plus loin dans la récompense ? Au delà des petites donations manuelles, pour récompenser davantage, consentir des libéralités … legs, assurance vie. Les sommes en jeu deviennent plus conséquentes, les biens légués sont ajustés aux besoins des présents, plus ou moins clairement exprimés.

Rédiger un testament, modifier les bénéficiaires d’une assurance est tellement simple...

Ne soyez pas surpris, si vos parents trouvent assistance et humanité auprès d'un voisin, d'un facteur, de leur femme de ménage ... et veuillent les gratifier !

L’épargnant face aux taux négatifs

Le 01/10/2019

A ce jour, une large part des obligations mondiales se négocie avec un rendement négatif, ce qui n’était le cas il y a 5 ans pour… quasiment aucune. Jour après jour, l’impact de la politique monétaire de taux négatifs durables se fait progressivement sentir et invite chaque épargnant ou emprunteur à revoir ses schémas du « monde d’avant ».

Ces dernières semaines regorgent d’exemples symptomatiques des conséquences de ces choix monétaires radicaux sur les épargnants français et européens.

En septembre, plusieurs banques implantées en France ont ainsi annoncé appliquer un taux négatif sur les comptes courants de particuliers fortunés. Un tabou tombe, puisque pour la première fois de l’histoire française, le liquide « pur » peut faire l’objet d’une taxation. En Allemagne aussi, la Sparkasse de Munich, cinquième caisse d’épargne du pays, a choisi d’appliquer un taux négatif à tous les dépôts supérieurs à 100 000 euros. Une taxation des comptes courants qui pourrait bien devenir universelle en Europe.

Les assureurs ont ensuite rejoint le mouvement, la semaine dernière. En France, GENERALI, rapidement suivi par ALLIANZ, a frappé un grand coup en annonçant que « le monde du fonds en euros roi est terminé ». L’assureur souligne qu’il ne lui est désormais plus possible, dans les conditions actuelles de marchés, de continuer à promouvoir un produit financier aux si généreux attributs – liquidité, garantie en capital, effet cliquet annuel sur les revenus – le tout dans un cadre fiscal avantageux tant pour l’imposition des revenus que pour la transmission. La principale raison de ce choix radical d’un point de vue commercial est là aussi l’installation durable en territoire négatif d’une large part des obligations les plus sûres, et son impact sur le risque d’insolvabilité des assureurs dans le cadre de la directive Solvency II.

Si la situation perdure, les assureurs ne pourront tout simplement plus garantir le capital ou verser un rendement garanti sur les fonds en euros traditionnels. C’est pour cette raison que tout est fait pour dissuader les épargnants de se diriger vers les fonds en euros traditionnels, et que les alternatives proposées – immobilier, fonds eurocroissance, unités de compte financières ou encore private equity – ont deux points communs : réduire le risque bilanciel pour l’assureur et proposer une espérance de rendement à long terme non nul ou négatif pour l’épargnant.

Finalement, il ne s’agit là que de la réalisation de l’objectif souhaité par la Banque Centrale Européenne en fixant des taux négatifs. Elle incite les différents acteurs du monde économique à prendre plus de risque soit en s’endettant, soit en investissant, afin de relancer l’inflation et soutenir la croissance.

Car plutôt que de financer les acteurs réputés les plus sûrs (comme les Etats) via l’achat de dettes, l’épargne est ainsi orientée vers des acteurs et des actifs certes plus risqués, mais potentiellement plus favorables à la croissance, et plus rémunérateurs. Si ce n’est pas par amour du risque, du moins par intérêt, l’épargnant doit désormais accepter le risque s’il veut se donner la possibilité d’obtenir un rendement à terme supérieur à l’inflation, sans quoi l’érosion de son capital sera certaine.

Vous faites partie des contribuables qui ont payé de l'impôt cette année ?

Le 26/09/2019

Vous pensiez n'avoir aucun impôt à payer sur vos revenus de 2018 car l'année dernière vous n'avez perçu que des revenus entrant dans le champ d'application du CIMR, le crédit d'impôt pour la modernisation du recouvrement. Ce dispositif a permis d'effacer l'impôt dû au titre des revenus courants de 2018 (salaires, retraites, revenus de remplacement…) et d'éviter une double imposition en 2019, année de la mise en place de l'impôt à la source. Et pourtant vous voilà avec un avis d'imposition salé.

Comment est-ce possible ? Pour éviter que des contribuables profitent de l'année blanche pour gonfler leurs revenus de 2018 et payer moins d'impôts, l'Administration fiscale a mis en place un dispositif anti-optimisation… Or, certains revenus, malgré leur caractère récurrent, peuvent vous valoir aujourd'hui une imposition inattendue.

Si le montant des revenus injustement considérés comme exceptionnels de 2019 est supérieur ou égal au montant déclaré cette année au titre de 2018, le fisc régularisera automatiquement

C'est le cas, notamment, des revenus tirés de la location meublée et imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux. Ceux-ci sont considérés comme courants dans la limite du bénéfice le plus élevé des 2015, 2016 et 2017. Si vous n'avez mis en place cette activité de location meublée qu'en 2017, les revenus issus de la location meublée que vous avez perçus en 2018 sont considérés comme courants, et donc non imposables, dans la limite de ce que vous avez gagné en 2017. Alors si vous n'avez commencé votre carrière de bailleur que fin 2017, le montant de l'impôt qui vous a été réclamé dans votre avis d'imposition 2019 a pu être conséquent.

Reste que les revenus sur lesquels il porte ne sont pas exceptionnels, ni par leur nature, ni par leur montant, comme le prouvera le montant des recettes issues de la location meublée que vous déclarerez au printemps 2020. Si celui-ci est supérieur ou égal au montant déclaré en 2019 au titre de 2018, l'administration fiscale fera automatiquement le rapprochement. Les contribuables percevront en septembre 2020 la restitution du trop versé. Les revenus imposés dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (BNC) et celle des bénéfices agricoles (BA) sont eux aussi concernés par ce mécanisme.

Le nouveau Plan d'Epargne Retraite (PER)

Le 25/09/2019

Dans une semaine, les nouveaux plans d’épargne retraite (PER) font leur apparition. A qui s'adresse véritablement cette nouvelle enveloppe et pour quels besoins ? 

Un des volets les plus importants de loi Pacte va se concrétiser le 1er octobre : le nouveau plan d’épargne retraite ou PER. Destiné à simplifier le paysage de l’épargne retraite en fusionnant Perp, Madelin (épargne retraite individuelle), Perco (épargne salariale) ou article 83 (épargne retraite catégorielle), il vise à développer l’épargne retraite, en permettant notamment une sortie en capital à tout moment.

Pour autant, sera-t-il intéressant à souscrire pour tous les Français ?

  • D’emblée, comme pour le Perp, les foyers non imposables ou faiblement imposables n’ont aucun intérêt sur le plan fiscal à faire des versements volontaires. Pour eux, l’assurance vie reste une valeur sûre pour se constituer une épargne de précaution pour la retraite. 
  • Il n’est intéressant que pour les personnes fortement imposées au moment de la phase d’épargne - pour bénéficier de la réduction d’impôt à l’entrée sur les versements volontaires - et qui verront leur taux d’imposition chuter au moment de la retraite car la sortie en capital sera imposable à l’impôt sur le revenu (sans abattement de 10%) et les plus-values à la flat tax de 30%.
  • Ponctuellement, il est intéressant d'en ouvrir un pour les épargnants déjà détenteurs d'un Perp ou d'un Madelin qui, pour cause d'année blanche, ne pourront bénéficier de la réduction fiscale en 2019. Ouvrir un PER avant fin décembre leur permettra d'utiliser cette réduction fiscale. 
  • Il n’est pas vraiment intéressant pour une optique d’épargne : prenons l’exemple d’un jeune de 30 ans qui verse de l’épargne sur son PER. A 40 ans, il a besoin d’apport pour l’achat de sa résidence principale (un des cas de déblocage anticipé). Il peut certes récupérer son capital (contrairement au Perp ou Madelin) mais celui-ci sera fortement imposé surtout s’il est dans une phase ascendante de revenu avec un taux d’imposition plus élevé. L'assurance vie, le « couteau suisse » de l'épargne, est là encore mieux adaptée. 
  • Ce n’est pas un outil de transmission non plus : car contrairement aux Perp, Madelin et assurance vie, c’est l’âge du décès qui va déterminer la fiscalité et non l’âge du versement comme dans l'assurance vie (152 000 € d’abattement par enfant avant 70 ans, 30 500 € sur les versements après 70 ans).
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