Règle n°2 : Pas de placement sans risque !

Inutile, aujourd'hui, de rêver obtenir de bons rendements de ses placements sans prendre un minimum de risques. Mais pas n'importe lesquels. Il existe des solutions. Et de bons spécialistes pour éviter de se faire piéger.

Taux d'intérêt  : qui s'endette s'enrichit !

Les taux n'ont peut-être jamais été aussi bas. Mais si la nouvelle est excellente pour les emprunteurs, elle l'est beaucoup moins pour les prêteurs et les rentiers, c'est-à-dire pour les produits d'épargne classiques. La gestion de fortune a consisté longtemps à préserver le capital et à en retirer des revenus. Les temps ont changé. Nous sommes aujourd'hui dans un contexte tout autant de répression financière, avec des rentabilités nominales quasi nulles et même négatives à court terme (les Sicav monétaires « rapportent » -0,3% en moyenne), que de répression fiscale, avec des prélèvements fiscaux et sociaux constamment en hausse.

Il s'agit pourtant d'une aubaine : faire jouer l'effet de levier du crédit, ce qui consiste à emprunter pas cher pour réaliser un investissement rapportant davantage. Exemple simple : vous empruntez sur dix ans à 1% pour acheter des parts d'une SCPI rapportant 4,5%. Non seulement l'intérêt financier est évident, mais l'avantage est également fiscal puisque les intérêts d'emprunt sont déductibles sans limite sur les revenus fonciers versés.

Autre exemple : un FPCI en immobilier (fonds de placement de capital-investissement), étiqueté « Value added », c'est-à-dire investi sur des opérations de transformation d'immeuble, avec 100 000 euros de mise minimale. Dans ce fonds multiclasse d'actifs immobiliers, le gérant joue sur l'effet de levier avec 50% d'endettement en imposant un « lock up » (blocage des parts) de sept ans : une façon de trouver du rendement à environ 6-8%, moyennant une indisponibilité de sept à huit ans.

Assurance-vie : en berne, mais des solutions

En réalité, ce n'est pas l'assurance-vie qui est à bout de souffle mais le fonds dit « en euros » (avec garantie). Ce placement favori des épargnants a un rendement quasi nul net d'inflation, c'est-à-dire en termes de protection du pouvoir d'achat. Car de fait, si vous achetez votre maison à crédit à 1%, il en est de même pour l'Etat et les entreprises qui empruntent, des emprunts achetés... par votre assureur ! La boucle une fois bouclée, et une fois défalqués les frais de gestion (en moyenne 0,9% par an), il ne reste que peu de chose en caisse excepté, pour la société d'assurance, le matelas constitué par le passé à des taux plus élevés. Cette année, les taux des fonds en euros vont être de l'ordre de 1 à 2%, ce qui au final, net d'inflation (1,1% en rythme annuel actuellement) et de prélèvements sociaux (17,2%), ne laisse que des miettes à l'épargnant.

Pour espérer faire fructifier votre capital, vous devez accepter d'être un peu plus téméraire en vous diversifiant sur l'éventail de fonds boursier ou immobilier proposés par l'assureur : votre capital n'est plus alors exprimé en euros mais en parts de fonds, à savoir en unités de compte (UC ). L'érosion continue et durable des rendements d'assurance-vie impose dès aujourd'hui des allocations d'actifs différentes, plus exposées aux actifs réels, aux placements privés et aux actions. Le private equity, progressivement référencé par les assureurs, prend une place croissante.

Si vous restez à 100%, il y a peu de chances que le pouvoir d'achat de votre capital soit protégé. Voici une solution astucieuse pour y remédier. Vous disposez de 10 000 euros et vous voulez, en nominal, retrouver ce même montant dans dix ans ? Il vous suffit de verser 8 600 euros et vous obtiendrez 10 000 euros à l'échéance (sur la base d'une hypothèse de rendement de 1,5%). Et investissez les autres 1 400 euros sur un fonds boursiers ou immobiliers. La performance monte à 22,6% au lieu de 16% sur la base d'une hypothèse de progression annuelle de 5% de ce fonds. Imaginons cependant que vos 1 400 euros, bousculés par un krach boursier, fondent de 20%, soit 1 120 euros. La performance globale resterait quand même au final de 11,1% !

Investissement locatif  bien calculer le rendement réel

Dans l'ancien comme dans le neuf, la décorrélation entre des prix très élevés, des loyers faibles et les revenus des gens est très importante. Avec un prix du mètre carré en hausse, la valeur des biens, en effet, s'est fortement redressée ces dernières années, tandis que les loyers progressaient peu. Traduction : les rendements nets de charges locatives et d'impôt (jusqu'à 45% de taux marginal + 17,2% de prélèvements sociaux + des taxes foncières en forte hausse un peu partout en France + l'impôt sur la fortune immobilière) sont plombés. En outre, il vaudra mieux désormais avoir un capital en assurance-vie plutôt qu'en bien locatif puisque le nouvel impôt sur la fortune (IFI) ne vise que l'immobilier. Quant au potentiel de progression de la valeur des biens, prudence ! Les prix sont beaucoup plus chers que leur historique de 1965 à 2000. Le marché est faussé par le niveau des taux d'emprunt historiquement bas et par la peur des marchés financiers provoquée par la crise de 2007-2008.
La diversification peut être envisagée, à condition d'accepter un horizon de huit à dix ans : acheter des parts de fonds immobilier comme des SCPI (sociétés civiles de placement immobilier) qui investissent en bureaux, boutiques et entrepôts loués à des entreprises. Les bons gérants affichent 5 à 6% de rentabilité. Des fonds plus spécifiques réservés à une certaine clientèle aisée peuvent rapporter davantage, comme par exemple ceux de promotion immobilière.

Capital-investissement donner du sens

L'attrait pour l'investissement dans les PME non cotées se développe énormément. Le risque est évidemment à la mesure du potentiel de gain. Il y a de belles histoires de start-up devenues licornes (valorisées plus de 1 milliard de dollars) et des échecs, comme on le voit par exemple dans les performances des FCPI (fonds commun de placement dans l'innovation).

Ainsi, à condition d'accepter une part de risque et une certaine indisponibilité de son argent, les solutions ne manquent pas.

Placements exotiques attention, danger !

Le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF), qui est le gendarme en matière d'épargne, le rappelait récemment face à la recrudescence de plaintes : « De plus en plus d'épargnants sont séduits par le chant des sirènes, relayé par des publicités sur Internet, et qui annonce des rendements annuels de 8%, 10% et au-delà sur des placements sans risque. Ces propositions sont la plupart du temps de véritables escroqueries. » L'AMF a ainsi dressé une « liste noire » de... 110 sites non autorisés à démarcher en France pour vendre des diamants !

Bourse  comment anticiper un krach ?

Selon le dicton, les arbres ne montent pas jusqu'au ciel. Or en presque dix ans, depuis la crise de 2008, les marchés financiers ont largement fait gagner plus de 100% aux investisseurs. Ce qui inévitablement fait craindre qu'à un moment ou à un autre, de nouvelles secousses interviennent ! Pourtant, ne jouez pas à anticiper un krach, une erreur répétée trois fois par les stratégistes ces derniers temps : étés 2017, 2015 et 2014.

Trois parades sont possibles : recourir aux fonds d'investissement dits « flexibles » ou « patrimoniaux », dont l'objectif est de préserver votre capital en jouant sur tous les types d'actifs financiers comme sur les touches d'un piano. Pour vous permettre d'apprécier le niveau de risque pris par le gérant du fonds, l'AMF décerne une note de 1 à 7 (de 1 sans risque, à 7 pour 100% en actions).

Deuxième option : les « produits structurés ». Schématiquement, l'établissement financier promet un rendement de x% sauf si l'indice boursier pris en référence a reculé de plus de z% à l'échéance.

Enfin, troisième option : exploiter la palette de ce qu'on appelle les produits de taux (l'argent que vous prêtez). Exemples : les fonds de dettes privées (emprunts d'entreprises), les fonds d'investissement de proximité (FIP) investis en obligations convertibles d'entreprise (dotés d'une réduction d'impôt sur le revenu qui devrait augmenter à 30%) ou encore les plates-formes d'achats d'emprunts obligataires lancés par des PME.

Ce type de solutions n'est réellement intéressant que si votre conseil en gestion de patrimoine propose du sur-mesure ! C'est notre cas.

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