La sortie en rente

Comprendre les différents types de sorties en rente*

Plusieurs produits d’épargne utilisés dans les stratégies de gestion de patrimoine proposent une sortie en rente*, à titre facultatif ou obligatoire, à l’issue de la phase de constitution du capital (versements + intérêts). C’est notamment le cas des produits d’épargne-retraite comme le contrat de retraite Madelin ou le PERP. Des produits plus traditionnels comme l’assurance vie ou le PEA peuvent aussi proposer une sortie en rente. Il existe différents types de rentes dont le fonctionnement et les modalités de versement diffèrent. Revenons ensemble sur les principaux types de rentes disponibles sur le marché.

La rente viagère simple (sans réversion)

La rente viagère simple prévoit le versement d’un complément de revenu régulier au bénéfice exclusif de l’assuré, tout au long de sa vie. Le montant de la rente dépend notamment du capital accumulé au moment de la transformation en rente et de l’espérance de vie du bénéficiaire.

La rente viagère réversible

La rente viagère est dite réversible lorsqu’elle prévoit le maintien, après le décès de l’assuré, du versement de tout ou partie de la rente au bénéfice d’un tiers et ce jusqu’à son propre décès. Elle permet donc de préserver le niveau de vie de son conjoint ou d’un proche par le versement régulier d’une somme d’argent. Le montant de la rente reversée est fixé par le taux de réversion pour lequel le souscripteur aura opté, il est généralement de 60%, 80% ou 100%. Le montant initial de la rente dépend quant à lui du capital accumulé au moment de la transformation en rente, du taux de réversion choisi et de l’espérance de vie du bénéficiaire.

La rente viagère par paliers

La rente viagère par paliers permet de moduler le montant de la rente sur plusieurs périodes définies, à la hausse ou à la baisse.
L’assuré peut choisir :

  • Soit d’augmenter le montant de sa rente pendant les premières années de sa retraite, avec la perspective d’une rente moins élevée par la suite. Cette alternative peut être particulièrement intéressante si le souscripteur a encore des enfants à charge ou un emprunt en cours au moment de son départ à la retraite, afin de bénéficier d’un revenu plus élevé dans les premières années de sa cessation d’activité.
  • Soit de diminuer le montant de sa rente pendant les premières années de sa retraite pour bénéficier, par la suite, d’un complément de revenu plus important. Cette solution est notamment judicieuse dans le cas où le souscripteur retraité doit faire face à une nouvelle baisse de revenus importante lorsque son conjoint part à son tour en retraite.

Les coefficients de variation de la rente, la durée des périodes associées et le nombre de paliers dépendent du contrat que l’assuré a souscrit et sont généralement déterminés par l’assuré au moment de la transformation de son épargne en rente. Tous les contrats ne se valent pas en terme de souplesse, il est donc primordial de vérifier les conditions de sortie en rente dans la documentation contractuelle.

La rente avec annuités garanties

La rente avec annuités garanties assure au souscripteur de percevoir une rente pendant un nombre d’années fixe. Si le souscripteur vient à décéder avant la fin des annuités garanties, les annuités restantes seront versées au bénéficiaire qu’il aura désigné. Ces annuités seront versées sous forme de rente, égale au montant de celles qui étaient versées à l’assuré de son vivant. Le nombre d’annuités garanties est généralement limité par le nombre d’années d’espérance de vie du souscripteur au moment de la conversion en rente, diminué de 5 ans.

Bon à savoir :

  • Certains contrats permettent de combiner l’option  rente viagère réversible avec les annuités garanties.
  • ­La rente est revalorisée annuellement en application des Conditions Générales du contrat qui fixent  le  niveau  de  participation  aux résultats. Cette  revalorisation  sera  au  minimum  de  l’évolution  du  point  AGIRC  (si  les  fonds  disponibles  au  titre  de  la  participation aux résultats sont suffisants).
  • La rente est soumise au barème de l’impôt sur le revenu (après abattement de 10%), à la CSG-CRDS (7,1%) ainsi qu’aux cotisations maladie et à la Contribution Additionnelle de Solidarité pour l’Autonomie (0,3%).

En conclusion

Tous ces types de rentes ne sont pas systématiquement disponibles sur tous les produits du marché et leur coût varie souvent d’un contrat à l’autre. Il est donc important de comparer les offres et de privilégier un contrat souple en termes d’options  au moment de faire son choix puisque le souscripteur ne peut pas connaître à l’avance les besoins qui seront les siens au moment de la conversion de l’épargne en rente. Pour faire le point sur vos aspirations, anticiper correctement votre départ en retraite et faire le bon choix, il est préférable de rencontrer votre conseiller AVENIR & SERENITE PATRIMOINE qui saura vous accompagner dans votre démarche et votre réflexion.

*Qu'est ce qu'une rente viagère ?

L'assurance vie et les produits d'épargne-retraite comme le perp, le contrat madelin ou encore le perco permettent à l'épargnant qui a accumulé un capital de l'utiliser pour générer un revenu qu'il pourra percevoir tout au long de sa vie. Ce revenu à vie est appelé " rente viagère ", il est versé jusqu'au décès de l'épargnant (encore appelé "l'assuré "). Elle permet de lui garantir un complément de revenus tout au long de sa retraite, régulièrement et automatiquement, sans souci de gestion.

Elle est régulièrement revalorisée grâce aux rendements financiers et permet de se prémunir de la hausse du coût de la vie.

Elle permet également de protéger ses proches car au décès de l'assuré, elle peut leur être reversée.

Comment la rente viagère est-elle calculée ?

La rente viagère est calculée par l'assureur, l'assuré n'a pas la main. Elle est calculée au moment où l'assuré demande à percevoir sa rente. Elle dépend essentiellement de 2 facteurs :

o    du montant de l'épargne sur le contrat
o    de l'espérance de vie de l'assuré : plus son espérance de vie est élevée, plus le montant de sa rente viagère est faible car l'assureur doit faire durer son épargne le plus longtemps possible. Pour calculer son espérance de vie, l'assureur s'appuie sur la " table de mortalité " de l'insee.  Par exemple, l'espérance de vie d'une femme de 60 ans en 2000 était de 25,6 ans. Elle était de 26,4 ans en 2005 et de 27,3 ans en 2015.

Par exemple, avec un capital de 100 000 €, la rente viagère pour un assuré qui commence à percevoir sa rente à 60 ans est d'environ 350 € par mois.  La rente passe à 400 € si l'assuré commence à 65 ans.

Avec un capital de 200 000 €, la rente viagère l'assuré peut percevoir une rente de 800 € s'il démarre à 65 ans.

Au décès de l'assuré, l'epargne est-elle perdue ? 

Si l'assuré a opté pour une rente viagère dite simple, celle-ci est versée tout au long de sa vie mais prendra fin à son décès. Le capital restant sur le contrat (qui n'a pas été consommé) est alors perdu.

Si l'assuré a opté pour une rente viagère dite réversible, celle-ci est versée tout au long de sa vie et continuera d'être versée après son décès partiellement ou totalement (en fonction du taux de réversion choisi, en général 100%, 80% ou 60%) au(x) bénéficiaire(s) désigné(s) et cela tout au long de sa(leur) vie. Mais cette protection a un coût. Le montant d'une rente réversible est inférieur à celui d'une rente simple. L'impact dépend du taux de réversion choisi et de l'âge du bénéficiaire.

Par exemple, avec un capital de 100 000 €, une rente viagère simple procure à l'assuré (qui démarre à 65 ans) un revenu de 400 € par mois. Si la rente est réversible à 100%, le revenu sera de seulement 350 € par mois si le bénéficiaire a 65 ans au moment du démarrage de la rente, et de 280 € si le bénéficiaire a 50 ans.

Quelle est la fiscalité de la rente viagère ?
La rente viagère est taxée comme une pension retraite. Elle ne bénéficie d'aucun avantage fiscal spécifique. Dans le jargon de l'administration fiscale, on dit que la rente viagère est soumise au régime fiscal des "  rentes viagères constituées à titre gratuit ". Comme les revenus du travail, elle fait l'objet d'un abattement de 10%. 

 

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