Pourquoi les Français gèrent-ils aussi mal leur argent ?

Si les Français détiennent le taux d’épargne le plus élevé du vieux continent avec un taux 18% (contre 15% en moyenne), ils ne sont que 33% à placer leur argent, ce qui relègue le pays en avant dernière position. Pourquoi donc un tel paradoxe? Les Français ont beau être les champions du monde de l'épargne, force est de constater qu’ils gèrent mal leur argent. Ils pèchent notamment par excès de frilosité. Avec 56% de leur patrimoine constitué de liquidités, dire qu’ils sont réticents à prendre des risques serait un euphémisme.

La peur de perdre

Si l’essentiel de leur épargne est constitué de liquidités, c’est parce que les Français se distinguent par une aversion pour le risque extrêmement élevée: 69 % d’entre eux déclarent ainsi que la perte partielle ou totale de leur argent constitue le principal risque d’un investissement. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce sentiment est particulièrement marqué chez les jeunes. Environ 60% d’entre eux déclarent qu’ils garderont la totalité ou la quasi-totalité de leurs actifs en liquidités, ce qui indique « qu’il existe un besoin criant d’éducation financière pour aider les épargnants à s’orienter vers l’investissement », précise l’étude.

Une sous-utilisation de leur épargne

Malgré le fait que les Français soient de très bons épargnants à l’échelle européenne (87% d’entre eux détenant une épargne), en privilégiant la sécurité dans la gestion de leur patrimoine, ils renoncent à dégager de meilleurs rendements, constate Blackrock.

Ce n’est donc pas un hasard si le placement le plus important en termes de volumes ne soit ni l’assurance-vie (qui n’a pourtant pas à rougir avec ces 1592 milliards d’euros d’encours) ni même les livrets réglementés faiblement rémunérés, mais les dépôts sur les comptes courants ! Le constat est sans appel : En réalité les Français ne placent pas vraiment leur argent.

Pourtant, si les Français réduisaient la part de leur allocation aux liquidités pour les placer dans une assurance-vie, soit avec un fonds euros performant garanti en capital, soit en acceptant une part de risque en y glissant d'autres supports d'investissement, l'écart de rendement peut devenir significatif à long terme. Les investisseurs doivent penser à diversifier leurs placements.

Méconnaissance

OPCVM, SCPI, assurance-vie, immobilier, un large éventail de solutions sont pourtant à disposition des épargnants «, à condition d’être bien conseillé ». Mais là aussi le bât blesse. L’absence de sources de conseils en matière de placement est un autre facteur qui empêche les épargnants de prendre de meilleures décisions financières. « La moitié des personnes interrogées n’ont jamais eu recours à un conseiller financier. Pourtant parmi celles qui l’ont fait, 93% en sont satisfaites », note Blackrock.

Un besoin de conseil

De plus si la majorité des français n'a jamais fait appel aux services d'un conseil financier, ceux qui ont franchi le pas se montrent beaucoup plus sereins à l'évocation de la retraite. Ainsi, "40% de ces derniers s'estiment bien préparés financièrement pour leur retraite, contre 20% pour les autres". Par ailleurs, Blackrock distingue un groupe de Français qui réussit à planifier sa situation financière, à utiliser une large palette de placements et enfin, à se sentir en contrôle de son avenir financier. Ces investisseurs que Blackrock qualifie d’ « avisés » représentent 10% de l’échantillon français et se démarquent pour avoir adopté les « bons réflexes ».

Les bons réflexes à adopter

D’abord, ces épargnants éclairés savent se faire conseiller : les ¾ d’entre eux ont, à un moment de leur vie, fait appel à un spécialiste de la gestion de patrimoine. Ensuite 62 % d’entre eux ont commencé à épargner pour la retraite. Enfin, ils sont disposés à prendre plus de risques pour obtenir des rendements plus élevés. Et surtout, ils ont diversifié leur épargne ! Près de la moitié d’entre eux détient des actions, plus d’un tiers des obligations, et 40% des actifs immobiliers.

Un frémissement ?

Il semblerait que face à l’érosion des rendements, de plus en plus épargnants soient disposés à prendre plus de risques pour dégager du rendement. En témoigne le fait qu'en avril, 60% des fonds placés dans l’assurance-vie ont été réalisés sur des supports en unités de comptes, lesquels ne sont pas garantis en capital. Et depuis le début de l’année, si la collecte nette en assurance-vie s'établit à 9,6 milliards d'euros, 4,6 milliards ont été réalisés sur des supports en unités de compte (soit 47,6%). Une montée en puissance qui n'est pas prête de s’essouffler.

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